Sauvez la Grande Barrière de corail : changez de banque!

Je copie ci-dessous un article des Amis de la Terre auquel j’ai contribué et qui nous emmène à l’autre bout de la planète… et au coin de la rue!

29 août 2013, France 2, 20h45 : 2,5 millions de téléspectateurs assis devant leur poste de télévision devant « Envoyé spécial » (1). Et c’est parti! Direction la huitième merveille du monde, la Grande Barrière de corail, au large de l’Australie, à l’autre bout du monde. Ils découvrent malheureusement rapidement que la Barrière se meurt, attaquée notamment par le développement de l’industrie lourde, du charbon et du gaz destinés à l’exportation. Ce que ne dit pas le reportage, c’est qui finance cette destruction du patrimoine mondial de l’Unesco. Les Amis de la Terre le savent : les grandes banques internationales, parmi lesquelles… les banques françaises Société Générale, Crédit Agricole, BNP Paribas et BPCE. Impuissants devant leur écran, les Français disposent donc d’un moyen d’action concret pour aider à sauver la Grande Barrière de corail : changer de banque! 

Première escale du reportage, c’est l’occasion pour des touristes français de plonger à la découverte d’un écosystème unique, habitat de fragiles coraux et d’espèces menacées tels que des tortues marines, des baleines et des serpents de mer. Mais c’est la déception qui les attend : une partie de la Grande Barrière se meurt et se transforme en cimetière. (2)

Deuxième escale, dans un autre bateau du port de Gladstone pour une croisière un peu spéciale. Au programme, les profits et non le grand bleu. Le guide, payé par les autorités portuaires, présente aux habitants locaux les projets de développement aux coûts faramineux. En plus de Gladstone, plusieurs expansions de ports gaziers mais aussi charbonniers sont prévues pour la prochaine décennie. Des millions de tonnes de déchets de dragage, des milliers de bateaux supplémentaires à travers l’écosystème fragile de la Grande Barrière de corail…. et encore des milliards d’euros d’investissements nécessaires.

Mais le développement industriel et énergétique récent est-il vraiment lié à la mort des milliers de coraux et de poissons? Non, rassurons-nous, les autorités portuaires, économiques, mais aussi politiques sont unanimes dans les interviews réalisées par les journalistes d’Envoyé spécial : le développement actuel n’est pas responsable, et aucun nouveau projet ayant des impacts négatifs sur la Grande Barrière ne sera autorisé.

Ce n’est pas l’avis des pêcheurs de Gladstone qui mettent la clé sous la porte les uns après les autres. Les poissons meurent et ce, depuis le développement du port d’exportation. De nombreux scientifiques spécialistes de la faune maritime qui témoignent dans le reportage sont du même avis : les nouveaux projets gaziers et charbonniers ne feront que décupler les impacts négatifs dus à l’actuelle exploitation et exportation énergétique, et aux engrais agricoles.

Refusant de laisser la survie de ce patrimoine mondial entre les mains des seules institutions, des ONG australiennes dont Greenpeace, que l’on voit en action ci-dessous en train d’aborder un navire rempli de charbon au large d’Abbot Point, un port charbonnier géant, se mobilisent depuis des années pour renverser la vapeur et sauver ce qui peut encore l’être.

Les téléspectateurs français ont pu se sentir déprimés et totalement impuissants face à cette catastrophe en cours. Que faire?  Ce que ne dit pas le reportage d’Envoyé spécial, c’est qui sont les investisseurs qui financent ces projets géants d’exportation sur la côte de l’Etat du Queensland, qui entend devenir le premier exportateur de charbon mondial. C’est exactement la recherche qu’a effectuée une autre ONG australienne, Market Forces, affiliée aux Amis de la Terre Australie et membre du réseau international BankTrack. Market Forces a publié un rapport et une carte en mai dernier révélant toutes les banques internationales qui ont financé ces projets d’expansion ces dernières années.

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Et qui retrouve-t-on dans ce rapport et sur cette carte? Les banques françaises! Votre banque, celles de la majorité des 2,5 millions de téléspectateurs qui ont regardé Envoyé spécial : Société Générale, Crédit Agricole, BNP Paribas, et Banque Populaire Caisse d’Epargne (via Natixis).

Vous pouvez donc dès à présent agir pour contribuer à sauver la Grande Barrière de corail en signant cette pétition pour interpeller les autorités australiennes et les investisseurs internationaux potentiels sur les risques de ces projets.

Si vous refusez que votre argent serve à financer cette destruction et celle d’autres projets polluants, destructeurs de l’environnement et aux impacts sociaux considérables, vous pouvez aussi et surtout, comme les Australiens, changer de banque et choisir un établissement financier plus proche de vos valeurs comme la Nef. Ou alors changez votre banque! Vous trouverez toutes les informations sur le site Internet des Amis de la Terre « Finance responsable« .

Sans leurs milliards de financement, des projets aussi destructeurs ne pourraient avoir lieu. La lutte pour sauver la Grande Barrière de corail s’internationalise. Elle ne fait que commencer (3).

(1) Vous pouvez revoir ce reportage de 30 minutes en replay sur la page internet de l’émission.

(2) Après une mission de terrain en mars 2012, l’Unesco a alerté d’une possible inscription de la Grande Barrière sur la liste des sites « en danger » du patrimoine mondial de l’humanité.

(3) Les Amis de la Terre font campagne depuis plusieurs années pour réorienter les financements des banques vers des projets soutenables. Pour que nos actions puissent aboutir, nous avons besoin de votre aide. N’hésitez pas à nous soutenir.

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À propos de Yann Louvel

Citoyen du monde
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