Entretien avec le picodent sur l’engagement citoyen hors des partis politiques

Je n’avais pas encore retranscrit sur ce blog mon entretien dans le dernier numéro du Picodent, le journal des Alternatifs de l’Ardèche et de la Drôme, de décembre dernier, sur l’engagement citoyen en dehors des partis politiques traditionnels : voilà qui est fait! Vous trouverez ci-dessous les questions qui m’ont été posées en italique et en caractères normaux mes réponses. Ce très intéressant dossier devrait normalement déboucher sur une soirée-débat sur cette question qui ne manque pas de faire réagir et de susciter bien des échanges!

Vous êtes acteur « politique » dans les mobilisations, locales ou globales mais vous n’êtes pas dans un parti politique. Pourquoi?

Selon les sujets, je peux me sentir proche des positions de différents partis politiques, aucun d’entre eux ne reflétant toutes mes sensibilités. Mais je pense que ce qui me bloque le plus est que je ne me sens pas capable d’assumer la discipline de parti et les décisions qui pourraient être prises par la direction d’un parti et avec lesquelles je serais en désaccord, et que j’aurais à défendre vis à vis de la population. De plus, bien qu’ayant conscience des rapports de force, je me sens vraiment éloigné des tractations entre partis politiques qui peuvent avoir lieu dans le système électoral actuel et que j’aurais également à défendre si je militais dans un parti.

Comment envisagez-vous la transformation sociale? Comment envisagez-vous le rôle de l’Etat, des institutions? 

Vaste question. Sur la transformation sociale, je crois profondément en l’éducation populaire et à la réappropriation des enjeux par les citoyens, à l’intelligence collective. On l’a vu sur les gaz de schiste où les citoyens se sont pris en charge et se sont appropriés les enjeux, ont été cherché eux-mêmes et ont construits leur propre expertise pour tenir tête au gouvernement et aux multinationales de l’énergie, avec succès! Le même processus est à l’oeuvre sur le nucléaire face à la propagande actuelle du gouvernement sur le sujet. En l’état actuel des choses, la véritable transformation sociale ne peut venir que de ce type de mobilisation large et de construction de rapports de force qui obligent les élus quels qu’ils soient à suivre la population et à la relayer. C’est ce qu’on a également vu sur les gaz et huile de schiste où des députés UMP comme Christian Jacob ont bien été obligés de s’opposer aux projets d’exploration, probablement contre leur conviction profonde, même si d’autres, comme Hervé Mariton, ont préféré rester sur une position attentiste et irresponsable. Outre les mobilisations « contre » en réaction aux agressions extérieures, je crois également à la construction collective d’alternatives et à la réappropriation citoyenne de pans entiers de notre vie quotidienne : les AMAP pour l’alimentation/agriculture, Enercoop pour l’énergie, la Nef pour la finance, etc. Mais tout cela nécessite bien sûr du temps et pose la question du temps de travail! J’ai la chance de travailler 4 jours par semaine, ce qui me semble déjà être un maximum.

Sur le rôle de l’Etat, je reprendrai la position des Amis de la Terre qui reflète bien ma conception des choses : « L’Etat, aujourd’hui instrumentalisé par les puissances économiques, reste néanmoins le garant de la souveraineté des peuples et de leurs droits, de l’intérêt général contre les intérêts particuliers. En ce sens, nous agissons pour l’amener à jouer son rôle de régulateur pour mettre en place les conditions de la transition ». Quand on voit l’offensive mondiale des multinationales qui profitent du manque de régulation pour s’imposer partout et faire pression sur les gouvernements, il me semble que seuls les pouvoirs publics peuvent renverser la vapeur… sous la pression des citoyens!

Comment, sans être dans un parti, élaborer une pensée collective?

Une pensée collective peut également tout à fait à mon sens s’élaborer dans le cadre d’une association. C’est le cas aux Amis de la Terre, l’association dans laquelle je milite le plus, où à partir d’une mission générale « de protection de l’Homme et de l’environnement », nous avons décliné l’objectif de promouvoir une société écologiquement viable et socialement équitable qui touche à presque toutes les dimensions de la vie en société et constitue à mon sens une première pensée collective.

Mais le vrai défi est d’élaborer une pensée collective plus large, j’en ai bien conscience, mais je n’ai pas de solutions miracles pour cela même s’il me semble que les alternatives de l’économie sociale et solidaire mentionnées ci-dessus sont de bons débuts pour déjà passer à l’action collective…

Image : Site des Alternatifs 26-07

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A propos Yann Louvel

Citoyen du monde
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