Cumulisme : grave rechute de Didier Guillaume et Nathalie Nieson!

On s’y attendait un peu, mais c’est quand même le choc, la consternation. Il faut bien se rendre à l’évidence : d’après les dernières informations disponibles, Didier Guillaume et Nathalie Nieson viennent de rechuter gravement dans le cumulisme, le vice par excellence en politique. Ils ont manqué la date de guérison fixée par Martine  Aubry au 30 septembre dernier (et ils ne sont malheureusement pas les seuls) et ont donc plus que jamais besoin de votre soutien pour surmonter cette terrible épreuve.  Voici celui que je leur ai apporté par courriel (d.guillaume@senat.fr et nnieson@assemblee-nationale.fr), mais sachez que vous avez désormais la possibilité de les soutenir sur Twitter et Facebook grâce au Cumuloscope de Rue89 :

Bonjour à vous,

Chose promise, chose due. Après mes premiers conseils personnalisés et mes derniers encouragements pour sortir du cumulisme, je reviens à votre chevet pour vous soutenir à nouveau dans cette épreuve terrible que doit être cette semaine dans votre vie politique : d’après mes informations, vous avez manqué l’échéance fatale du 30 septembre!

C’est LE moment le plus difficile à gérer dans la maladie. Avant, on se prépare psychologiquement, on a le temps de voir arriver la date, l’échéance ; l’ECHEANCE. On se dit qu’on sera à la hauteur des attentes, qu’on sera fier d’annoncer la bonne nouvelle à ses électeurs et électrices, qui souhaitent à une grande majorité la fin du cumul des mandats ; à ses petits camarades, les militants de base du Parti socialiste, dont les adhérents avaient plébiscité à plus de 71% cette règle commune lors d’un référendum militant le 1er octobre 2009 ; à ses grands camarades, comme Christian Paul, député de la Nièvre, Dany Michel, députée des Landes, ou Claude Bartolone, président de l’Assemblée Nationale, qui ont déjà franchi le pas et démissionné de leur mandat exécutif local ; ou encore à son chef de parti, Harlem Désir, qui  déclarait encore il y a peu « Le non cumul, c’est un engagement, nous le tiendrons. Le non cumul entre une fonction exécutive locale et un mandat parlementaire pour se consacrer pleinement à son mandat et pour faire en sorte que respire notre vie démocratique« .

Et soudain, c’est le moment de vérité : l’échéance est PASSEE, derrière, finie! C’est le grand vide, la plongée dans l’abîme. C’est le passage à une nouvelle phase psychologique, dont je ne vous cache pas qu’elle est la plus à risques, entre regrets et amertume.

Amertume, avec la stratégie naturelle d’auto-défense et la recherche d’excuses pathologiques.  Après tout, comme le dit Christian Bourquin, sénateur des Pyrénées-Orientales et président du Conseil régional de Languedoc-Roussillon : «Ce que pense Martine Aubry, je m’en fous totalement !», qui continue : «Cette règle de non-cumul des mandats est de Martine Aubry, pas du Parti socialiste». Facile à dire quand on est sur le départ! Et mon engagement envers mes électeurs et électrices pour mon mandat local, je ne peux pas les abandonner comme ça, ils se sentiraient trahis! Je respecte la loi quand même! Autant donner immédiatement les clés de ma mairie à l’UMP! Mais oui mais oui mais oui… Les stratégies d’auto-justification sont infinies et constituent désormais un art à part entière : cumul’art, l’esthétique de la dérobade!

Cette phase a quand même dû être particulièrement délicate pour vous Mme Nieson vis-à-vis de Martine Aubry qui vous avait obligé à signer une lettre d’engagement de non-cumul pour les législatives avec ce deal : sans signature, pas d’investiture. Apparaître comme faisant partie de la relève, avec une nouvelle fraicheur et un bel entrain pour renier ses engagements et ressembler à peine trois mois après votre élection à tous ces vieux politiciens : l’amour-propre en prend un coup, c’est inévitable! Un effet psychologique que n’a pas eu à gérer votre camarade Didier Guillaume, plus facilement soulagé à l’idée que cet engagement ne concernait finalement que les parlementaires élus après 2010. Quel dommage, quel gâchis! Moi qui m’était fait une joie d’avoir entendu votre dernier discours en tant que président du Conseil général de la Drôme à l’occasion de l’inauguration de l’éco-site du Val de Drôme vendredi dernier : raté, l’événement n’aura pas été aussi historique que je ne l’avais imaginé, c’est triste!

Amertume, mais regrets également. Regrets de ne pas avoir été à la hauteur, de ne pas avoir fait aussi bien que d’autres. De n’avoir pas répondu aux attentes de ses électeurs et petits camarades, comme mentionné ci-dessus. Regrets de ne pas être exemplaire et de ne pas mettre en valeur son territoire, la Drôme, qui aurait pu s’attirer les regards comme le Finistère, où pas un seul des huit députés n’exerce un mandat exécutif local. La gêne de ne pas avoir respecté sa parole, avec cette phrase de la dernière lettre de Martine Aubry qu’on ressasse : « le Bureau National du 28 août a souhaité inviter chaque parlementaire concerné à respecter l’engagement qu’il a pris lors de son investiture et à démissionner au plus tard en septembre 2012 de son mandat exécutif local« . Mais aussi le sentiment refoulé de manquer une opportunité purement électoraliste, historique même, qui ne coûte pas un centime et qui ferait du bien en ces temps de disette budgétaire et de hausses d’impôts. Car comme le formule consciemment un député socialiste : «C’est dommage qu’à cause des réticences de certains cumulards, on apparaisse comme des nostalgiques. Nous nous privons d’un vrai bénéfice politique.»

Je mesure donc toute l’étendue de votre désillusion et voulait à nouveau vous témoigner mon soutien dans cette phase pour le moins difficile, voire tragique. Comme le résume le député Christophe Caresche, souvenez-vous qu’« interdire le cumul, c’est un peu comme demander à un alcoolique d’arrêter de boire ». C’était précisément le point de départ de l’initiative Cumul Info Service, et l’étape majeure de tout sevrage à une dépendance est bien la prise de conscience de cette dépendance! Si je me dois de vous informer que chaque rechute diminue les chances de rétablissement définitif, vous conservez néanmoins encore à ce stade vos chances de guérison. Et pourrez toujours compter sur mon soutien indéfectible malgré les épreuves pour vous sortir du trou!

Avec toute ma compassion,

Yann Louvel

 

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A propos Yann Louvel

Citoyen du monde
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