Cumul des mandats : mettons fin à l’addiction!

Ma tribune publiée ce jour dans le Crestois, ça faisait longtemps! Vous avez échappé à une autre tribune sur le même thème plus ironique mais plus centrée sur Hervé Mariton, que je copie ci-dessous. Et vous, laquelle préférez-vous?-) 

Suite à l’excellente tribune d’Alain Bâtie dans le Crestois du 5 octobre sur le cumul des mandats de maire et de député d’Hervé Mariton, j’aimerais compléter son propos.

Le cumul des mandats est bien une spécificité française, que je qualifierais plutôt d’archaïsme français. La France, qui aime rappeler sa vocation universelle, a dans ce domaine un retard impressionnant.  La plupart des grandes démocraties disposent ainsi de normes qui interdisent ou limitent très fortement la pratique du cumul des mandats, comme aux Etats-Unis ou en Allemagne.

Cette séparation des pouvoirs semble évidente presque partout tant il y est inconcevable qu’on puisse remplir un mandat national en travaillant à temps partiel. Car quoiqu’ils en disent, c’est bien de cela qu’il s’agit : notre parlement n’est pas peuplé de députés-maires ou de sénateurs-président de Conseil général, mais de demi-députés, de demi-maires, de demi-sénateurs et de demi-conseillers généraux. Et on s’étonne ensuite de voir les bancs de l’Assemblée Nationale et du Sénat vides la plupart du temps!

Mais l’élément le plus affligeant réside dans le fait que nos élus, plutôt que d’en avoir honte, revendiquent pour la plupart haut et fort leur cumul et en sont même fiers comme Hervé Mariton ou la plupart des parlementaires socialistes qui ont renoncé à leur engagement d’arrêter de cumuler au 30 septembre dernier. C’est là que se révèle le caractère addictif du pouvoir, qui force nos élus à nier l’évidence. Une addiction profonde et chronique, comme pour la cigarette. Un site internet, Cumul Info Service, a même été mis en place pour offrir à nos parlementaires des conseils pratiques, des témoignages d’anciens cumulards ainsi qu’une méthode infaillible pour rompre avec le cumulisme en 90 jours.

Reste que la constitution de « baronnies locales » ou de « fiefs électoraux » participe grandement de la désaffection du citoyen pour la chose publique. Le clientélisme électoral qui rend inamovible les cumulards dans le temps et dans l’espace est un vrai poison pour notre démocratie. Même si « interdire le cumul, c’est un peu comme demander à un alcoolique d’arrêter de boire », comme le reconnait lui-même le député Christophe Caresche, exigeons l’interdiction de toute forme de cumul pour en finir avec nos demi-élus!

Yann Louvel

Cumul des mandats : aidons notre demi-député à s’en sortir!

Suite à l’excellente tribune d’Alain Bâtie dans le Crestois du 5 octobre sur le cumul des mandats de maire et de député d’Hervé Mariton, j’aimerais compléter son propos par quelques éléments d’ordre psychologique. A la lecture de l’interview de notre édile dans le Crestois du 14 septembre, il faut bien se rendre à l’évidence : Hervé Mariton est malade. Il souffre en effet, comme nombre de ses collègues, de l’addiction au cumul des mandats. Tous les signes cliniques sont là : le déni de la maladie, les stratégies d’auto-justification, les multiples rechutes depuis près de 20 ans. La pathologie est profondément installée, mais elle n’est pas insurmontable. Le site internet Cumul Info Service offre en effet des conseils pratiques, des témoignages d’anciens cumulards ainsi qu’une méthode infaillible pour rompre avec le cumulisme en 90 jours.

Comme pour la cigarette, la durée de l’addiction est un facteur déterminant de guérison. C’est pourquoi Hervé Mariton ne pourra pas s’en sortir seul et a besoin de nous! Après 19 ans de cumulisme, sa situation est grave mais pas désespérée puisque d’autres malades plus gravement atteints que lui s’en sont déjà sortis, comme Yves Durand, député du Nord, qui vient de quitter sa mairie de Lomme après 22 ans de mandat, et 20 ans de députation!

La première étape consiste à le convaincre du bien fondé du non-cumul, ce qui ne sera pas une sinécure. D’où l’intérêt d’être nombreux à lui faire comprendre qu’arrêter le cumul, c’est plus de temps et d’énergie pour se concentrer sur l’essentiel, c’est plus de lisibilité pour son action et c’est permettre l’émergence de nouveaux visages, de nouvelles pratiques, de nouvelles idées. C’est une bouffée d’oxygène donnée à tous les niveaux de notre démocratie qui mérite mieux que des demi-maires et des demi-députés à temps partiel. Les jeunes, les femmes, les personnes issues de milieux populaires pourront prendre toute la place qui leur revient au Parlement. Ne restera plus ensuite qu’à choisir une date butoir et s’y tenir pour mettre fin à la dépendance, avec tout notre soutien.

Le rôle de l’entourage est en effet primordial dans la guérison de toute addiction. Afin d’éviter la cure de désintoxication, chaque encouragement est un pas dans la bonne direction et un soutien précieux vers le sevrage définitif. Hervé Mariton en aura d’autant plus besoin que la tentation est grande de suivre l’exemple des parlementaires socialistes, qui viennent pour la plupart de rechuter gravement et de s’asseoir sur leurs engagements en manquant l’échéance de leur guérison fixée au 30 septembre dernier. Même si « interdire le cumul, c’est un peu comme demander à un alcoolique d’arrêter de boire », comme l’affirme le député Christophe Caresche, rien n’est perdu car ensemble, tout devient possible!

Yann Louvel

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