Les Echos déconnent!

Toujours aussi intéressant de lire la presse nationale, que des articles intelligents, des éditoriaux pertinents et bien argumentés sur tous les sujets, un vrai bonheur…. mais non je déconne évidemment! Si je m’écoutais je passerais ma vie à interpeller les journalistes mais ce sont les Echos qui décrochent la palme ces dernières semaines et m’ont obligé à sortir ma plume pour leur envoyer trois commentaires successifs, après le Monde plus tôt cette année, commentaires que je retranscris ci-dessous. Au moins ça soulage…

D’abord sur les gaz de schiste avec cet éditorial de David Barroux au titre digne de l’homme de Néandertal, « La peur ou le progrès« , le 15 novembre dernier :

Bonjour à vous,

Je me permets de vous écrire suite à votre éditorial du 15 novembre dernier sur les gaz de schiste « La peur ou le progrès« .

Je m’interroge sur l’absence totale de toute préoccupation climatique dans votre texte, une problématique pourtant majeure comme l’indique cet article du Monde.

Etes-vous climato-sceptique? Si ce n’est pas le cas les dernières données scientifiques toujours plus alarmantes les unes que les autres devraient suffire à vous convaincre de renoncer à cette nouvelle source d’énergie fossile, non?

De même le fait qu’aucun pays à ma connaissance n’ait engagé une politique sérieuse d’efficacité énergétique et de réduction de ses besoins quand il était assis sur une telle ressource fossile ne plaide pas en faveur de l’exploitation des gaz de schiste, qui nous permettraient de continuer notre ébriété énergétique quelques années ou décennies de plus et ne ferait que repousser le problème de fond…

La peur et le progrès ne sont donc pas là où vous les décrivez selon moi : la véritable peur est celle de manquer d’énergie et de continuer à exploiter de nouvelles ressources quelles qu’elles soient sans se poser de questions, et le véritable progrès serait de démarrer enfin une véritable politique de sobriété, d’efficacité énergétique et de développement des renouvelables dès maintenant, comme celle décrite dans le scénario negaWatt, pour sortir de la dépendance aux énergies fossiles et au nucléaire tout en faisant des économies substantielles et en créant de nombreux emplois!

Cordialement,

Yann Louvel

Sur Notre-Dame-des-Landes ensuite où malgré une analyse intéressante sur la (non) saturation de Nantes-Atlantique, Bruno Trevidic oublie de mentionner dans son article du 26 novembre dernier les résultats de l’étude économique alternative du cabinet CE Delft :

Bonjour,

Je me permets de vous écrire suite à votre article d’hier sur Notre-Dame-des-Landes intitulé « Nantes a-t-elle vraiment besoin d’un deuxième aéroport ?« .

J’ai été surpris que vous repreniez tel quel l’argument « irréfutable » selon vous d’ordre environnemental de l’exposition au bruit des populations du centre-ville de Nantes pour justifier potentiellement le déplacement de Nantes Atlantique à Notre-Dame-des-Landes. Les témoignages de plusieurs pilotes d’avion vont en effet dans le sens opposé. Ces pilotes se sont en effet organisés en « collectif de pilotes doutant de la pertinence du projet » pour répondre « à toutes les aberrations, inepties et non dits sur ce projet » et ils affirment dans cet article « Que les porteurs du projet de NDDL orientent maintenant les débats sur la gêne sonore après avoir argumenté sur une pseudo-saturation puis sur le prétendu danger de l’aéroport de Nantes Atlantique nous semble relever à la fois d’amateurisme, de raccourcis aussi maladroits que malvenus dans le seul but de tenter de trouver une justification à un projet qui fait de plus en plus douter tant le grand public que nos acteurs sociaux économiques ».

De plus, si je partage en partie votre analyse sur la non justification de la construction de NDDL en raison des perspectives de trafic, vous auriez également pu reprendre dans votre analyse d’autres arguments du rapport de l’étude économique indépendante réalisée en octobre 2011 par le cabinet d’études indépendant européen CE Delft pour le Cedpa, le collectif d’élu-e-s doutant de la pertinence de l’aéroport et accessible sur cette page.
La conclusion de ce rapport est notamment que le projet pourrait représenter un coût pour la collectivité/déficit global de 90 millions d’euros et jusqu’à 600 millions d’euros alors que le dossier d’enquête publique de 2006 montrait un résultat exactement opposé avec un bénéfice global entre 500 et 600 millions d’euros! Le cabinet a par ailleurs comparé les coûts-bénéfices du maintien de l’aéroport actuel en l’optimisant par rapport à la construction d’un nouvel aéroport, concluant que le maintien de la plate-forme actuelle est clairement plus avantageux.

Cordialement,

Yann Louvel

Mais le pompon revient sans conteste à cet éditorial édifiant du 5 décembre de Jean-Francis Pécresse sur la Suisse intitulé : « Le paradis fiscal, une exception à préserver« !

Bonjour,

Je me permets de vous écrire en réaction à votre éditorial de la semaine dernière sur les paradis fiscaux que j’ai trouvé extrêmement choquant.

Demander à « préserver l’exception » du paradis fiscal est hautement irresponsable quand on connait les conséquences désastreuses de ces territoires sur les budgets nationaux des Etats. Un trou noir dans l’économie mondiale estimé à 17 000 milliards d’euros cet été par le Tax Justice Network, l’équivalent de la richesse nationale annuelle des Etats-Unis et du Japon réunies, près de dix fois le PIB de la France!
Pensez aux écoles, aux hôpitaux qui ne sont pas construits ou aux investissements qui ne sont pas réalisés et empêchés par le comportement de ces « exceptions » qui profitent de la faiblesse de la régulation internationale. Ce sont donc bien ces territoires qu’on devrait nommer « enfers fiscaux » et non « paradis fiscaux » vu la souffrance indirecte qu’ils infligent aux populations aux quatre coins du monde.

Par ailleurs, si vous lisez le journal dans lequel vous écrivez, vous avez pu y lire jeudi 22 novembre dernier que le pourcentage de contribuables soumis à l’ISF s’exilant à l’étranger était resté très faible et stable ces dix dernières années (autour de 0,15%), et surtout que les taux d’imposition sur les hauts revenus en France que vous jugez « quasi-confiscatoires » sont trompeurs car « il existe une vraie différence entre le taux affiché et le taux pratiqué » pour l’impôt sur le revenu « du fait des niches fiscales » comme l’expliquait Pascal Saint-Amans de l’OCDE ce même jour dans les Echos. Une « triste réalité » différente de celle que vous décrivez dans votre éditorial…

Cordialement,

Yann Louvel

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A propos Yann Louvel

Citoyen du monde
Cet article a été publié dans Evasion fiscale, Finance, Gaz de schiste, Notre-Dame-des-Landes. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Les Echos déconnent!

  1. PrNIC dit :

    citation : Si je m’écoutais je passerais ma vie à interpeller les journalistes mais ce sont les Echos qui décrochent la palme ces dernières semaines et m’ont obligé à sortir ma plume pour leur envoyer trois commentaires successifs, après le Monde plus tôt cette année, commentaires que je retranscris ci-dessous. Au moins ça soulage…

    Pour remonter des bretelles à certains journalistes , tu peux jeter un oeil sur
    http://chevaliersduguet.free.fr/

    Je pense que tu devrais aussi , dans le même style de procédure, avoir une liste de connaissances ok pour appuyer tes remarques : « Allumer david Barroux en solo , c’est déjà pas mal ….mais si nous sommes 5 ou 50 à lui écrire aussi suite à ton premier jet, c’est encore mieux !
    je suis partant pour ce type de remontée de bretelles « modestement collective  »

    PrNIC

    note ma nouvelle adresse nicolas.p(at)aol.com

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