STOP TRICASTIN!

Très belle action lundi de Greenpeace qui a réussi à faire entrer 29 militantEs dans la centrale nucléaire du Tricastin, et à simuler un accident nucléaire en projetant des images directement sur les réacteur eux-mêmes!

Les-militants-de-Greenpreace-a-la-centraloe-de-Tricastin_scalewidth_630On espère que cette simulation en restera à cette simple projection, mais on peut avoir de bonnes raisons de craindre qu’un jour cette simulation ne devienne réalité… si on ne ferme pas la centrale du Tricastin à temps!

Je siège à la CLIGEET, la Commission Locale d’Information auprès des Grands Equipements Energétiques du Tricastin, pour les Amis de la Terre, et je ne peux pas dire que mon expérience après 3 séances en un peu plus d’un an soit venue me rassurer, bien au contraire! Avec le temps qui passe, les menaces et sources potentielles d’accident majeur deviennent chaque jour plus grande, au Tricastin comme ailleurs :

  • le vieillissement des installations nucléaires est « un défi » d’après l’AIEA. Moins pudiquement, c’est surtout et avant tout « un processus mal maîtrisé et insuffisamment encadré« , d’après l’association Global Chance. La simple mention des failles déjà repérées et des « incidents » des dernières années au Tricastin dans cet article du Monde fait déjà froid dans le dos… Comme le disait une élue à la dernière CLIGEET, quand on voit tous les travaux post-Fukushima prévus dans les prochaines années, on se dit qu’on a eu beaucoup de chance jusqu’ici!
  • les changements climatiques ne vont aller qu’en s’aggravant avec les années vu l’inaction à l’oeuvre au niveau international, renforçant la vulnérabilité des sites nucléaire et notamment pour Tricastin des risques d’inondations du site ou d’assèchement du canal de Donzère-Mondragon qui alimente le refroidissement des réacteurs. Des travaux sont en cours pour contrer le risque d’inondation, il ne reste plus qu’à croiser les doigts pour qu’ils soient assez rapides et suffisants…
  • étant donné les tensions internationales actuelles, on est en droit de penser que nous n’allons pas vraiment vers une pacification des échanges internationaux et que le retour du terrorisme sur notre territoire est tout à fait possible. Nos centrales nucléaires constitueraient alors des cibles de choix comme « armes nucléaires pré-déployées« , et particulièrement celles du corridor rhodanien dont Tricastin dont l’atteinte en cas de vent (assez fréquent dans les parages) permettrait de toucher des millions de personnes et de semer le chaos dans une grande partie du pays et de l’Europe vu l’intensité des échanges énergétiques et commerciaux dans la vallée du Rhône.
  • mais le plus inquiétant dans tout cela ne réside pas dans la technique mais dans l’humain. Quand des syndicalistes nous montre après une réunion une photo de corde de pendu pour illustrer l’ambiance qui règne dans les bureaux sur le site du Tricastin, il y a de quoi s’affoler! Le facteur humain est et sera de plus en plus primordial, et le moins que l’on puisse dire est qu’avec l’augmentation de la sous-traitance et la multiplication des conflits sociaux, c’est de pire en pire!

L’action de Greenpeace rappelle que « l’accident est possible », et que le meilleur moyen de l’éviter est de fermer les centrales nucléaires qui ont atteint l’âge pour lequel elles ont été conçues : 30 ans! Et c’est précisément le cas du Tricastin. Cette action aura en tout cas fait réagir nos politiques locaux comme nationaux, comme Hervé Mariton, qui a osé qualifier cette action de « pas sérieuse ». Le « sérieux » étant comme chacun sait la caractéristique majeure de l’industrie nucléaire ces dernières décennies, dans notre pays comme à l’étranger, on reconnaît bien là l’humour noir de notre demi-député.

les-militants-de-greenpeace-ont-projete-des-messages-sur-les-murs-de-la-centrale-du-tricastin-photo-capture-d-ecranPour éviter que François Hollande ne soit le « président de la catastrophe » à Tricastin, comme suggéré aussi par Greenpeace dans une de ses projections nocturnes, nous disposons désormais d’un outil unique dans la région : le tout nouveau collectif « STOP TRICASTIN« . Après Fessenheim et le Bugey, c’est le troisième collectif unitaire rassemblant plusieurs organisations qui réclame la fermeture d’une centrale nucléaire spécifique. Leur première lettre d’information vaut vraiment le détour.

Greenpeace a réussi en un coup médiatique à faire apparaître dans l’imaginaire national le nom du Tricastin sur la liste des centrales nucléaires à fermer, en plus de celle de Fessenheim : à nous de poursuivre le travail au niveau local pour éviter le pire!

Images : Greenpeace

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A propos Yann Louvel

Citoyen du monde
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